Journée d'information sur les lignes THT

Problémes posés par les couloirs de lignes

INTERVENTION DE DIDIER ANGER AU COLLOQUE SUR L'IMPACT DES COULOIRS DE LIGNE THT (Très Haute Tension]

( Didier ANGER est président du CRILAN, Coordinateur du Collectif régional  « l’EPR, Non merci, ni ailleurs, ni ici », administrateur du Réseau Sortir du Nucléaire)

 Impacts économiques d’une nouvelle ligne très haute tension

Le projet de construction de la ligne THT 400 000 volts de Menuel (L’Étang-Bertrand -50) vers les QUINTES (Sud de Laval-53 et le Mans -72) n’existera que si un réacteur EPR de 1600 à 1700 mégawatts est construit à Flamanville et, ce réacteur de plus, ne peut exister sans lignes THT pour la sortie de l’électricité produite.Ce projet sera-t-il retardé ou non ? Le Directeur de Framatome a déclaré qu’il faudrait 3 à 4 années supplémentaires de recherches avant d’engager la construction de la cuve et de son couvercle[1].La construction va-t-elle être retardée d’autant ? Non, dit EDF ! Comment ? Monsieur GATIGNOL, Député de Valognes et « grand défenseur de l’emploi » , ici et en France,  propose que, comme pour la Finlande, le Japon équipe EDF de ce matériel lourd.[2]

La centrale nucléaire de Flamanville produit déjà l’électricité vers Rennes ( Domloup) et la Bretagne,   vers Caen (Tourbes), la Basse-Normandie et au-delà, partiellement l’Ille de France.

200, 250 ou 300 km de lignes THT en plus selon le passage en direct ou par Domloup, vers les Pays de Loire.Fin 1999, Framatome avait projeté de construire un EPR au Carnet, entre Nantes et ST. Nazaire, pour remplacer plus vite que prévu la centrale thermique classique de CORDEMAIS (Fermeture 2030).

IL A ETE QUESTION, EN 2003, DU SITE DE PENLY PRES DE DIEPPE :

Ce site a été longtemps favori parce que les couloirs de lignes existent déjà pour la sortie d’électricité et  à cause de la vente de cette dernière à la Grande-Bretagne, par tunnels sous-marins  dans le Pas-de-Calais.

Le directeur de la centrale de Flamanville a reconnu (CLIF du 17 mai 2005) avoir été surpris de la décision en faveur de Flamanville.

Il est de notoriété publique que celle-ci a été obtenue pour des raisons politiques  et non techniques.

Globalement, la production nucléaire «  en base » aboutit à ce qu’EDF vend souvent à perte 15% de l’électricité aux pays voisins (La France garde démantèlement et gestion des déchets).

Le chauffage électrique oblige à acheter très cher de l’électricité thermique classique aux mêmes pays voisins pour fournir « les pointes. »

LE CHOIX  DE FLAMANVILLE VA ENCORE COMPLIQUER LES CHOSES DU FAIT DE SON ELOIGNEMENT DES LIEUX DE CONSOMMATION :

  1. La production massive, thermique, nucléaire, fuel, ou charbon, ne permet la récupération que de 35% environ de l’énergie initiale sous forme d’électricité : la cogénération-chaleur-électricité n ‘est possible qu’à proximité des lieux de consommation (utilisation de l’énergie à 80-90% )
  2. Les pertes en lignes s’ajoutent à cette négation de la recherche de l’efficacité énergétique, de la limitation des coûts, et des risques environnementaux et sanitaires.

Réseau Transport d’Électricité –RTE[3] chiffre ces pertes variables selon les moments de la journée et les saisons sur l’ensemble du territoire, en 2001, sur le Réseau THT et HT français.

Ø      De 2,7% à plus de 3% l’hiver,

Ø      De 2,7 à plus de 2,8 l’été,

Ø      DE 2,3 à plus de 2,7% aux intersaisons.

Selon des sources plus récentes (Photeus 2003) et sur la totalité de la production annuelle, 5,5%.

           Les calculs sont difficiles à établir, en fonction des distances et consommations (Effet joule surtout) de l’hygrométrie (Effet couronne)... Ces variations fluctuent de 800 à 2500 mégawatts (avec des amplitudes journalières pouvant atteindre 500mégawatts). C’est l’équivalent de la production d’un réacteur type le Blayais ou Gravelines à celle des deux réacteurs de Flamanville.

Cette étude ne remet pas en cause le modèle centralisé de production d’électricité qui méprise l’efficacité énergétique. Ce qui mobilise ses auteurs, c’est la prévision de contrats à passer avec « les producteurs et traders européens » pour compenser ces pertes. Je précise que, pour la rapidité des réponses à apporter à la demande, ce seront des producteurs thermiques classiques, fauteurs de gaz à effets de serre. L’enjeu économique global est de plusieurs centaines de millions d€ par an (même source).

Combien pour cette seule ligne Menuel-Les Quintes ,   as très particulier par sa longueur ?

Ø      À cela, il faut ajouter la construction des 400 à 900 pylônes (à raison d’1 tous les 300 à 500 mètres selon le relief pour porter les lignes).

Dans la demande de saisie par RTE pour la Commission du débat public, le coût de cette ligne est  évalué dans une fourchette de 180 à 220 millions d’€. Dans des conversations privées avec des militants du Sud Manche et de la Mayenne, des représentants de RTE annoncent avoir obtenu30% de plus.

Dans quel but ? Tester la résistance des populations ? Convaincre avec espèces sonnantes ?

Ø      À ceci, s’ajoutent les taxes par pylône et par an à payer aux communes, réévaluées tous les ans.

Quant aux propriétaires et fermiers, ils n’auront des indemnités qu’une fois pour toutes bien qu’ils en subissent les contraintes les plus importantes.

Ø      Enfin l’impact économique et social global est encore plus difficile à évaluer :

·         Sur le tourisme vert,

·         Sur la réhabilitation de l’habitat et la construction ;

·         Sur l’élevage et la production de lait et de viande ;

·         Sur la santé publique.

·         Et en conséquence sur l’emploi et l’aménagement du territoire.

Certains riverains éventuels demandent l’enfouissement des lignes. Nous ne traiterons pas des contraintes spécifiques d’un tel projet. Nous nous limiterons à la question économique. Pour de telles lignes de 400 000 volts, c’est au moins 10 fois plus coûteux, soit plus ou moins 2 milliards d’€  en supplément, 65% en plus du coût global de l’EPR. L’argument principal de ces éventuels riverains : sur le long terme, il n’est pas prouvé qu’avec les tempêtes notamment, comme en 1999, l’entretien des lignes aériennes ne soit pas plus coûteux,  au terme de plusieurs dizaines d’années.Si les coûts différés dans le temps avaient été réellement pris en compte, jamais l’électronucléaire n’aurait été mis en place. ( Démantèlement sur 30 à 50 ans, gestion des déchets nucléaires pour des millions d’années).

LE RÔLE du CONSEIL GÉNÉRAL DE LA MANCHE :

À l’annonce du choix de Flamanville, le Président du Conseil Général de la Manche, Jean-François LEGRAND, s’est vanté au micro de Radio France Bleu Cotentin (débat avec Bernard CAUVIN, Président de la CUC de Cherbourg et  moi-même) et devant la presse écrite avoir remporté la décision en promettant d’exonérer EDF de taxe professionnelle, pendant 5 ans et de façon dégressive, pour payer le surcoût du couloir de lignes supplémentaire. Il a alors estimé ce surcoût à environ 55 millions d’€, chiffre qui semble aujourd’hui très au-dessous de l’évaluation.

À combien l’évalue-t-il maintenant ? Sur quels textes législatifs français et européen s’est-il appuyé pour prendre une  telle décision ?

Le citoyen-contribuable de la Manche peut-il avoir connaissance d’un accord écrit ?

En quoi a-t-il pu ainsi engager les départements voisins dont il n’a pas la charge ?

L’endettement et les engagements financiers d’EDF se chiffrent actuellement à plus ou moins 50 milliards d’€.EDF est contrainte à s’endetter à nouveau avec la garantie de l’État, donc des contribuables ou à négocier l’entrée de capitaux privés, mais à quelles conditions en retour[4].

C’est le second choix qui a été fait par le Gouvernement, EDF acceptant la proposition subsidiaire du Conseil général de la Manche.

                                

 DES SOLUTIONS ALTERNATIVES EXISTENT :

1.      Sortir du gigantisme et du centralisme qui, par un mode de production, éloigné des lieux de consommation, entraîne  toujours plus de couloirs de lignes THT ;

2.      Privilégier l’efficacité énergétique et les économies d’énergie ;

3.      Produire au plus près du consommateur :

-       Avec le thermique classique en cogénération, chaleur électricité :

-       Avec les énergies renouvelables, diversifiées, et tenant compte des possibilités naturelle s des régions,

4. Faire participer les personnes concernées aux choix énergétiques, au contrôle ou à la gestion de leur fonctionnement.



[1] « L’Usine nouvelle ».

[2] La « Presse de la Manche » 27 mai 2005

[3]  Prévisions des pertes électriques sur le réseau THT et HT français O. Quicampoix, S. Fliscounakis, E.Bourgade,

[4] Note sur les difficultés d’EDF : La Cour des Comptes a validé les comptes d’EDF en remarquant néanmoins qu’ils étaient « flous ».

·         L’endettement d’EDF se chiffre selon les audits successifs, de 35 à 41 milliards d€

1.      La plus grande partie de l’endettement provient des investissements des années 70-80, non remboursés ;

2.      Une autre, de l’achat de 31 société privées à l’étranger dont le Brésil ( 4 milliards de dollars, EDF voudrait s’en débarrasser) et L’Argentine aux résultats catastrophiques connus.Des syndicats d’EDF affirment d’ailleurs que l’argent mis de côté pour le démantèlement aurait servi à ces achats douteux. La Cour des comptes a précisé, elle que les coûts du démantèlement et des déchets avaient été sous-estimés.

·         EDF doit faire face aux difficultés du changement de statut de l’entreprise, mais pas à celui des personnels en place, ce qui l’oblige à mettre 9 milliards d€ en réserve ( Soulte retraites).

Le coût de l’EPR, inutile, s’élève à 3 milliards d€, s’il y en 10 à la suite mais s’il n’y en a qu’un seul « on ne sait où l’on va » (cf Rencontre Ministère de l’Industrie fin juillet 2004).

Soit au total , un trou d’environ 50 milliards d€.

EDF espère l’entrée d’entreprises privées dans la capital de l’entreprise d’État, au niveau de 10 milliards. À quelles conditions d’achat de l’électricité d’entreprises privées ensuite ?. Sera-ce encore le contribuable qui paiera pour le consommateur industriel. Il n’ y a pas vraiment opposition entre le capitalisme d’État, encore majoritaire à EDF, qui nie la réalité des coûts et, le capitalisme privé qui peut y entrer à 30% au maximum, mais connivence.

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